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  • L'arche de Kamadjan et la case sacrée de Kenioro classées patrimoine culturel national
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Histoire



Le territoire du Syndicat inetrcommunal appartient à une vaste aire historique dénommée le Mandé, épicentre d’un grand empire médiéval du même nom ou l’Empire du Mali. Le pays mandingue, à l’apogée de l’Empire, s’étendait du Sud du Mali actuel jusqu'au désert (Tombouctou), englobait la partie Est de la Guinée, la partie Ouest du Burkina Faso, le côté Nord de la Côte d'Ivoire, une partie du Nord de la Sierra Leone, toute la Gambie, le Sud du Sénégal, une partie du Sud-est de la Mauritanie, ainsi que le Nord de l’actuel Libéria.

D’après la tradition orale, l’Empire fut fondé par Soundiata Kéita après la grande bataille de Kirina (vers 1235) au cours de laquelle les troupes du futur empereur vainquirent celles du Roi sosso Soumangourou ou Soumaoro Kanté. Cette victoire fut suivie de la grande rencontre de l’ensemble des communautés du Monde Manding (les captifs, les nobles, les hommes de caste….).

 

 

Cette grande assemblée se soldera par la proclamation à Kouroukan fouga, de la Charte du Mandé ou Mandén kalikan vers 1236. Cette dernière est considérée de nos jours comme l'une des premières déclarations universelles des droits de l'homme, à cause de ses références anti-esclavagistes, au rôle de l'éducation, l'écologie, le respect de chaque vie, etc…

Les griots traditionnalistes disent à cet effet que « Le Mandé fut fondé sur l’entente, la concorde, l’amour, la liberté et la fraternité » ; ou encore qu’à cause de ces valeurs universelles « Le Mandé peut tanguer, mais ne tombera jamais ».

Jusqu’à sa transcription récente en langue française notamment par Youssouf Tata Cissé et Wa Kamissoko, cette charte était transmise uniquement par voie orale, par les griots ou Dyeli. Compte tenu de l’attachement de la communauté mandingue aux principes de cette charte et de sa valeur historique, elle a été proclamée par l’UNESCO comme élément représentatif du Patrimoine Mondial Immatériel de l’Humanité en 2009.

L’empire a connu son apogée sous Kankou Moussa avec son fastueux et retentissant pèlerinage à la Mecque en 1324 transportant avec lui des tonnes d’or de l’empire. Ce geste de prodigalité extrême a valu à l’empereur le désamour de son peuple et pour preuve, dans les répertoires musicaux traditionnels, il n’est nullement chanté par les griots, lui qui est considéré jusqu’à nos jours par certains comme le personnage historique le plus riche au monde. Néanmoins, il inspirera l’auteur de l’Atlas Catalan en 1375 dans lequel apparait l’image du Mansa (Roi) tenant dans la main une pépite d’or.  

 

 Roi Mansa avec une pépite d'or

 

A son retour de la Mecque, il se fait accompagner d’un architecte Egyptien qui construira la mosquée Djingareyber à Tombouctou

Le Mandé fait de nos jours référence à la partie située au Sud-ouest de Bamako où est concentré l’héritage du Mandé. Cette région, outre l’établissement des communautés principalement malinké, abrite les hauts lieux historiques de même que les traces de cette tradition.

En effet, comme symboles du Mandé ancien, nous avons la clairière Koudoukan Fouga où a été proclamée la Charte. Au même titre que la « Case sacrée de Kangaba » ou qui fait office de mémoire perpétuant les traditions. La réfaction septennale de son toit donne lieu à une démonstration des valeurs traditionnelles.

 

 

 


 

La culture mandingue, à travers principalement la musique, est portée au firmament par certains artistes de renommée internationale (Salif Kéita, Ami Koité, Bassékou Kouyaté, Kandia Kouyaté, Kassémadi Diabaté, etc.).

 

Caractéristiques du milieu physique 

Le relief de la région du Syndicat est dominé par les Monts mandingues, un contraste de paysages formé d’une part de falaises, de montagnes au couronnement géologique spectaculaire (L’enclume de Niéguéma, l’arche de Kamadjan), au flanc desquelles coulent des sources d’eau en cascades (Djendjeni, Danda). Et d’autre part, on note des formations arborées, autrefois très riches en gibiers, et donnant lieu à des forêts (à l’instar de la classée des Monts Mandingues et celle de Missira), des grottes ou abris sous roche (Kouroukorokalé, Fanfamba, etc.).

Au plan climatique, le Mandé connait trois saisons : saison chaude de Mars à Juin ; saison pluvieuse de Juillet à Octobre ; saison fraîche de Novembre à Février. Globalement, la moyenne de température est de 20°C et peut atteindre jusqu’à 45°C pendant la saison chaude. La région du Mandé, très proche de la frontière guinéenne, affiche toujours un climat plus doux contrasté avec le reste du pays. La période de fraicheur qui suit la saison des pluies y est beaucoup plus prolongée, la végétation est dense. 

 

Au plan social

Les Malinké constituent l’ethnie majoritaire dans les quatre communes du Syndicat. Ils sont reconnaissables, à leur patronyme relatif au clan (Kéita, Konaté, Camara, Cissé, Traoré, Koné, etc.).

La société mandingue est constituée traditionnellement de plusieurs classes. Bien que ces catégories soient de moins en moins cours de nos jours, elle a autrefois permis au Mandé de bâtir son équilibre et sa stabilité sur la complémentarité socioprofessionnelle des différentes classes.

D’après cette logique d’organisation, on peut distinguer trois niveaux :

  • descendance des familles Keïta, Kamara ou autres sont les . Il s’agit de la classe régnante, et d’autres vivent principalement de l'agriculture. Elle fournit également les troupes de guerriers.la noblesse,Tontigui
  • les Niamakhala sont les gens de caste. On y retrouve en particulier :    
    • les griots (ou Dyeli) qui sont les maîtres incontestés de la parole, des généalogies et de la mémoire collective. Ils sont de précieux diplomates, médiateurs et sont socialement sollicités et demeurent présents à toutes les manifestations ou événements bons ou mauvais.
    • les cordonniers ou  Garanké travaillent quant à eux le cuir et en font des chaussures, étuis et autres instruments utilitaires. les femmes teignent l’indigo et font des tresses. Alors que les tisserands confectionnent des tissus.
    • les forgerons, Numu ont le secret du feu, ils sont à la fois craints et respectés. Ils travaillent les outillages en fer ou en bois et ils restent les principaux détenteurs du savoir religieux : donc les grands initiés de la société Malinké. La femme du forgeron est généralement potière et confectionnent les paniers.
  • Auparavant il y avait des captifs, portant le nom de Dyon  mais affranchis depuis le début du XX siècle. Ils pratiquaient divers travaux pour leurs maîtres.

 

Croyance

La noblesse malinké a longtemps été islamisée dans le passé sans qu’elle ne pratique un prosélytisme religieux en faisant de l’islam comme religion d’Etat à l’instar des Peuls. Le Mansa et sa cour pratiquaient l’islam introduit au temps de l’Empire du Ghana dans la période se situant entre les VIIIe et Xe siècles.

On raconte que Soundjata Keïta lui-même se convertit à l'islam, entraînant à sa suite la conversion de nombreux autres groupes malinkés. Mais la majorité des mandingues demeurèrent attacher à leur religion traditionnelle, laquelle considérait que Dieu est trop élevé pour être invoqué directement. C’est pour cette raison que les prières et offrandes sont adressées aux ancêtres et aux esprits représentants des intermédiaires entre Dieu et les hommes.

Dans la spiritualité traditionnelle, Dieu est présent dans la totalité de la création ; si bien qu’il n'y a pas de frontière entre la spiritualité et le profane. Tout obéit aux mêmes lois spirituelles, de la naissance à la mort, du règne des vivants aux éléments inanimés. D’ailleurs, chaque famille ou clan est reliée à un animal ou une plante totémique. Cela consacre un cadre formel de respect dû à l’ensemble des êtres animés considérés comme possédant une parcelle divine.

Cependant, on assiste à un tournant à partir du XIXe siècle. Sous l’influence du prosélytisme des musulmans envers ceux pratiquant la religion traditionnelle, la quasi-totalité des Mandingues sont aujourd’hui musulmans. Mais selon les divers groupes, les rites et les croyances traditionnels ont plus ou moins été conservés eu égard à certains sites demeurés toujours actifs…

L’initiation à cette spiritualité traditionnelle était pratiquée au travers de sociétés secrètes, religieuses et purement ésotériques auxquelles on accédait par classes d'âge. Les confréries de chasseurs ou donso ton sont les plus actives de nos jours.

 

Les confréries des chasseurs et le donsoya 

Le donsoya est l’art de la chasse et suppose un enseignement préalable. Le jeune donso ou donsodén est initié par un maître donso karamôgô afin qu’il apprenne la faune (on ne tue pas n’importe quel gibier, dans n’importe quel état) et la flore (les plantes qui soignent et celles qui sont dangereuses pour la santé, leur géographie et quel animal se nourrit spécifiquement de quelle plante).  

donso chasseur

Une fois ces connaissances maîtrisées, au bout de plusieurs années, l’apprenti-chasseur peut prétendre à un changement de statut et peut à son tour prendre des élèves.

Par ailleurs, les rencontres des chasseurs sont des cérémonies très attrayantes par la démonstration des pouvoirs mystiques gardés par les membres de la confrérie.

Les donso sont reconnaissables au boubou qu’ils portent, sur lequel sont fixés différents grigris (cauris, morceau de miroir, griffes et dents de fauves). Les chasseurs, en plus de fournir de gibiers leurs villages, sont également les protecteurs de la société. Et l’histoire du Mandé est intimement liée à l’activité de chasse : le Mandé n’a-t-il pas été fondé par des chasseurs ? Seulement, face à raréfaction des gibiers dans la brousse et l’exigence de la préservation des ressources fauniques, de nos jours le chasseur est généralement devenu guérisseur traditionnel grâce à sa grande connaissance des plantes ou il est devenu géomancien consulté par des gens pour divers motifs sociaux. Et les récents conflits en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire ont mis en lumière un renouveau du rôle des chasseurs mandingues… 




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